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Interview réalisé en octobre 2002 auprès des parents de Yves D. (dépt 92) Yves
est né le 30 avril 1996, avec 1 PBVE gauche, non détecté avant la
naissance. Et si
je peux me permettre… ma première réaction a été
« merde !!! » j’ai su tout de suite ce qu’il en était.
Mon mari était très gêné, il ne savait comment me l’annoncer (il avait
eu droit à un grand discours de la sage-femme pendant les premiers soins), et
j’ai dû lui dire que j’avais très bien vu qu’Yves avait un pied bot.
Une partie de ma belle-famille a « mal » réagi :Pied bot =
handicap mental… certains en étaient restés là malheureusement. Nous
avons dû fournir un gros travail d’information à leur égard. Et aussi
leur demander de ne pas focaliser à ce sujet. Nous, nous gérions au
quotidien, nous leur avons demandé de ne « pas en rajouter ». Et
nous leur avons fait savoir qu’on pouvait librement parler de pied bot. Nous n’avons
pas rencontré de moments particulièrement difficiles, même au niveau de la
thérapie. On était très en confiance. Les séances de kiné se passaient
très bien, nous avons tout de suite sympathisé avec M. Féron, notre
kinésithérapeute. Pendant les séances, les conversations tournaient autour
du sport et des sujets d’actualité, avec toujours beaucoup d’humour.
Lorsque nous avions des questions au sujet du pied, il y répondait toujours
sans détour. Yves était très calme et détendu. De la
naissance à 9 mois, Yves a eu 6 séances par semaine. Après l’opération,
qui a eu lieu à 9 mois, 5 séances par semaine. Puis on a diminué
progressivement. La thérapie a été arrêtée à 5 ans. Avec une
surveillance une fois par an et des radios. Ces contraintes étaient
naturelles, nous n’avons pas eu l’impression de faire des sacrifices. L’opération en elle-même s’est bien passée. Elle a eu lieu à la Clinique de Boulogne Billancourt. Yves a été hospitalisé une semaine. Mais j’ai été été écœurée à l’époque par le manque d’entourage du personnel soignant. Et pourtant, on ne peut pas dire que nous ayons été « embêtant ». Lors
de l’opération, le Professeur Chaumien s’est rendu compte qu’Yves,
outre le pied bot, présentait une anomalie du tendon d’Achille. Pour
nos premières vacances avec Yves, nous avons trouvé un kiné qui pratiquait
la méthode enseignée à Robert-Debré, à Quimper, à 35 km de la
maison familiale, où nous nous rendions 6 jours sur 7. Là encore, nous avons
rencontré une personne exceptionnelle, M. Pierre-Yves Lelons, qui est un
très grand monsieur, tout comme M. Féron. J’ai le souvenir de grandes
rigolades, et d’un petit bonhomme toujours de bonne humeur, qui s’endormait
régulièrement pendant les séances… et qui en grandissant faisait
bénéficier le praticien de grands discours « philosophiques ». Pour
Yves, tout cela n’a jamais été traumatisant, nous en parlons ensemble. Il
se souvient du kiné et de Mme Thémar-Noël (petit anecdote, à 3 ans, il l’appelait
« La Mère Noël »…), mais pour lui cela faisait partie de son
quotidien. Il se fatigue peut-être rapidement. Sa jambe gauche est un peu
faible, mais rien de très grave. La
première année demande beaucoup d’abnégation (mais surtout ne pas parler
de sacrifice), car il faut absolument respecter le rythme des séances de
kiné. Il ne faut surtout pas couver l’enfant. Cet état de fait doit faire
partie de sa vie. Quand il grandit, il faut lui expliquer simplement. Et
surtout, surtout, surtout, dé-dra-ma-ti-ser ! L’entourage est souvent
le plus mauvais conseiller. Il faut se tenir aux conseils des praticiens et
garder en tête que le pied bot n’a rien à voir avec un quelconque retard
mental et qu’il se traite très bien. Ne pas couver l’enfant, c’est un
mauvais service à lui rendre. Rester naturel. N’hésitez
pas à nous contacter : auntielolo_chez_noos.fr |
Dernière modification : 13 février 2005
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